Les joyeux retraités en voyage

316. L'hôtel de Paris

20 septembre 2012

 

À 8000 pieds d’altitude, on s’attendait à ce que la nuit soit froide. On n’a pas été déçu. Par contre ce matin, le temps est très confortable. On descend arpenter les rues de Central City. Presque tous les anciens saloons et magasins ont été transformés en casinos. Les façades d’édifices ont conservé leur charme d’antan mais l’intérieur des maisons de jeux vieillit plutôt mal. Quelques kilomètres plus loin, l’ancien village minier de Idaho Springs nous montre une rue principale à l’image de ma femme: jolie et bien conservée. Dans une publication du Reader’s Digest, on présente Georgetown comme une des plus jolies petites viles des États-Unis. On y arrête pour diner. Mais d’abord une visite guidée du musée Hôtel de Paris. L’établissement a vu le jour en1879. L’histoire du fondateur est peu banale. Né en Normandie, Louis Dupuy quitte celle-ci adolescent pour s’installer à Paris. Il occupe plusieurs emplois dont assistant-cuisinier et journaliste. Indiscipliné et rebelle, il décide ensuite de s’exiler à New York. On l’oblige à faire son service militaire et il est posté à Cheyenne, Wyoming. Il déserte alors l’armée et se réfugie à Denver où il se terre et cumule de petits emplois. Il faut dire que le prix à payer pour les déserteurs repris est la peine de mort. Il décroche ensuite un emploi de journaliste au Denver Post. Appelé à couvrir un évènement à Georgetown, il réalise le potentiel de richesse des chercheurs d’or. Il devient alors mineur et suite à une explosion qui tourne mal, il devient un héros en sauvant ses confrères. Blessé gravement, sa carrière dans les mines se termine aussitôt. Avec l’argent que la compagnie lui offre en guise de dédommagement, il loue alors un local, ouvre un restaurant et érige un hôtel de luxe avec l’eau courante, le chauffage, les toilettes et un lavabo dans chaque chambre. Toutes ces commodités, encore inconnues dans cette petite ville, furent un succès instantané. C’est seulement à sa mort en 1900 qu’on apprit que Louis Dupuy n’était pas son vrai nom. Il l’avait adopté suite à sa désertion de l’armée américaine.

On reprend ensuite la route 70 dans les hauteurs des Rocheuses. On grimpe à plus de 11000 pieds et le moteur du motorisé râle à plusieurs occasions. À la sortie d’un tunnel, la pente descendante s’étend sur 12 kilomètres avec une dénivellation de 8%. La vitesse des camions est limité à 35m/h. On monte et on descend toute la journée entre 6000 et 11000 pieds d’altitude. Le conducteur est brûlé. On dort à New Carlisle sur le bord d’une rivière.

 



21/09/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres


Recommander ce blog | Contact | Signaler un contenu | RSS | Espace de gestion